L’interview de Grégoire Ducrot
Journaliste de formation, producteur audio et fondateur de l’agence REC. Entre reportages radio, récits sonores pour de grandes associations et passion de la transmission, partage sur ce qui anime sa démarche au quotidien.
Quels ont été les moments marquants de ton parcours professionnel ?
J’ai toujours été curieux et pensé que journaliste était le plus beau métier du monde : donner une voix à celles et ceux qui n’en ont pas, découvrir le monde et orienter la lumière sur ce que nous considérons important. C’est le métier que j’ai exercé pendant mes 11 premières années en radio au sein du groupe NRJ.
C’est là qu’est née une deuxième passion : utiliser la voix pour raconter des histoires et créer de l’imaginaire. Ce que je fais depuis maintenant 15 ans, d’abord chez tamtam puis avec l’agence REC que j’ai fondée il y a deux ans, dédiée à la production de podcasts. Qu’il s’agisse de personnalités, d’experts ou d’anonymes, mon rôle est de recueillir leur récit pour sensibiliser, apprendre ou dénoncer, mais aussi d’accompagner leur prise de parole.
Qu’est-ce qui t’a mené à travailler avec Force For Good et quelle expérience penses-tu apporter ?
Je collabore depuis tellement d’années avec Force For Good que j’en ai oublié notre tout premier dossier commun ! Nous avons notamment travaillé sur des campagnes de témoignages pour la Fondation ARC ou la SPA.
À chaque fois, l’objectif est de recueillir la parole de testateurs, bénévoles ou bénéficiaires. Dans cet exercice, le savoir-faire technique compte autant que le savoir-être : qu’il s’agisse d’une testatrice de 96 ans, d’un chercheur ou d’une personne malade, l’enjeu est de créer un climat de confiance et de s’effacer. Loin des slogans et des phrases toutes faites, le but est de faire émerger une parole authentique, bien plus convaincante sur le long terme.
Quelles sont tes convictions professionnelles et quelles causes te touchent le plus ?
Dans un monde polarisé et pressé, la clé réside dans le fait de marcher dans les chaussures de l’autre. Je peux être bouleversé par la détresse d’une population frappée par la guerre comme par l’isolement d’une personne âgée dans un village rural. Il n’y a pas de hiérarchie : il y a celle qui nous touche à l’instant T.
Ma conviction, c’est qu’en racontant et en écoutant, on parvient à se comprendre. Je pense souvent à la sorcière Karaba dans Kirikou : en trouvant l’épine logée dans son dos, Kirikou apaise sa souffrance. Quand on écoute vraiment, on trouve l’origine du mal et le moyen d’avancer.
Si tu avais un super-pouvoir ou un rêve d’enfant ?
Quand j’étais petit, je voulais être pilote d’avion pour explorer le monde. Si je devais choisir un super-pouvoir aujourd’hui : la clairvoyance de Kirikou pour déceler l’épine à chaque fois… ou bien la téléportation pour être partout à la fois. Même si, au fond, « il n’y a que les routes qui sont belles ».
Une recommandation culturelle à partager ?




