L’interview de Emmanuelle Lamaison
Consultante experte en stratégie de collecte de fonds et facilitatrice en intelligence collective. Entre parcours atypique au Brésil, expertise technique acquise dans une grande fondation et approche humaine du donateur, partage sur ce qui l’anime au quotidien.
Quels ont été les événements marquants de ton parcours professionnel ?
Tout commence par une audace en 2000 : je quitte mon poste pour partir quatre mois à Rio de Janeiro avec mon mari où j’apprends le portugais et me mets au service d’une petite ONG qui me fait confiance. J’en retiens une expérience humaine incroyable.
En 2006, j’intègre les Apprentis d’Auteuil en tant que chargée de marketing opérationnel. J’étais au bon endroit, au bon moment, accompagnée par de grands professionnels. J’y ai appris les fondamentaux de la collecte de fonds.
Ensuite, en 2018, après la décision difficile de quitter les Apprentis d’Auteuil, Corinne Josephides et Antoine Vaccaro m’accordent leur confiance pour des missions de conseil. J’ai alors pris conscience de mon agilité à passer de l’opérationnel au stratégique.
J’obtiens en 2022 ma certification de facilitatrice en intelligence collective. Neuf mois d’aventure qui ont renouvelé mon approche et ma posture de consultante. Puis, en 2023, j’accompagne mon premier dîner grands donateurs. J’y mesure toute la mobilisation de compétences requise. Mon approche en intelligence collective permet d’installer une dynamique de co-construction dans les comités de soutien.
Au final, mon moteur, c’est l’humain.
Qu’est-ce qui t’a amenée à travailler avec Force For Good et quelle expérience penses-tu apporter ?
Ce qui m’a amenée vers Force for Good, c’est avant tout l’amitié et l’estime professionnelle que je porte à Corinne Josephides. Elle a été la première chargée de clientèle avec qui j’ai travaillé. Cela ne s’oublie pas !
L’expérience que j’apporte est double :
Le regard “interne” : ayant longtemps travaillé au sein d’une fondation, je connais de l’intérieur le fonctionnement des structures. J’offre un regard différent et complémentaire par rapport à un consultant 100 % agence.
L’agilité collective : ma casquette de facilitatrice en intelligence collective me permet d’amener des collectifs à réfléchir et travailler sur tout type de sujet, dans un temps défini et avec une grande efficacité.
Quelles sont tes convictions professionnelles et quelles causes te touchent le plus ?
Ce qui m’intéresse avant tout, ce sont les rencontres. Ce métier me permet de croiser des gens exceptionnels qui ne se résignent pas face aux différentes formes de détresse. J’ai la chance de voir et de pouvoir témoigner de la générosité et de la solidarité en action.
Ma conviction professionnelle est simple : il y a la technique et l’expertise, certes. Mais le plus important à mes yeux, c’est le sens que les associations mettent derrière tout cela.
Aller chercher de l’argent pour aller chercher de l’argent ne m’intéresse pas.
Personne n’est obligé de donner. Respecter le donateur et le mettre au cœur de la relation, c’est concret : savoir rendre des comptes et remercier ; créer du lien de manière authentique et sincère ; ouvrir les portes de l’association ; se laisser interpeller et raconter la réalité du terrain ; savoir se remettre en cause.
Tout cela donne son sens à mon activité.
Pour finir, veux-tu nous partager une recommandation culturelle ?
Je vous recommande un grand nom de la musique populaire brésilienne : Martinho da Vila, et plus particulièrement l’album Violões e cavaquinhos.
Ouvrez votre cœur et vos oreilles, et laissez-vous toucher par un rayon de soleil carioca.




