L’interview de Mathieu Perche, artisan fundraiser.
Depuis plus de 15 ans, Mathieu Perche accompagne les associations et fondations dans leurs stratégies de collecte de fonds. Entre engagement de terrain, innovation digitale et conviction humaine, il revient sur les étapes clés de son parcours et partage sa vision du fundraising.
Quels ont été les moments marquants de ton parcours professionnel ?
J’ai effectué mon Master de communication à Lille et, en 2007, j’ai eu la chance de partir plusieurs mois au Mexique pour travailler au sein d’une association qui accompagnait des jeunes filles des rues.
Cette expérience a été un véritable déclic : elle a confirmé mon envie de mettre mes compétences en communication et marketing au service de l’intérêt général. J’ai ensuite réalisé mon stage de fin d’études au sein d’une ONG de parrainage d’enfants.
En 2009, j’ai rejoint l’agence qui deviendra Force For Good, où j’ai accompagné de nombreuses associations et fondations dans leurs stratégies de collecte de fonds grand public.
Après plusieurs années en agence, j’ai ressenti le besoin d’explorer d’autres façons de m’engager. J’ai ainsi fondé en 2015 hellocitizen.org, le premier site de matching du bénévolat.
Depuis fin 2018, je suis consultant indépendant et j’accompagne au quotidien des associations et fondations sur leurs enjeux de développement et de collecte.
Qu’est-ce qui t’a amené à travailler avec Force For Good et quelle expérience apportes-tu ?
Je connais Force For Good depuis sa création. Lorsque je suis devenu consultant indépendant, nos chemins se sont naturellement croisés à nouveau.
J’interviens aujourd’hui sur des problématiques à la fois stratégiques et opérationnelles en collecte de fonds.
Depuis le début de ma carrière, j’ai un intérêt marqué pour le digital. J’essaie d’apporter une vision globale, car un donateur ne se pense pas en termes de canaux : il construit avant tout une relation sincère et humaine avec l’organisation qu’il choisit de soutenir.
Mon rôle est de l’accompagner vers un engagement durable, en respectant ses capacités et son rythme.
Quelles sont tes convictions professionnelles et les causes qui te touchent le plus ?
Je suis convaincu que le métier de fundraiser repose sur trois qualités essentielles : l’intuition, l’humilité et la curiosité.
Les données sont indispensables pour guider les décisions, mais elles ne doivent pas faire oublier l’intuition. Rien n’est jamais acquis : il est essentiel de rester humble et de se remettre en question en permanence.
Enfin, la curiosité est clé : observer ce qui se fait ailleurs permet de progresser et d’innover.
Plus qu’une cause en particulier, ce sont les personnes qui portent ces missions qui m’inspirent. Je suis toujours impressionné par l’énergie et l’engagement des équipes, des bénévoles et des donateurs. J’apprends beaucoup à leurs côtés.
Que voulais-tu faire quand tu étais plus jeune ?
Pendant de nombreuses années, je voulais être gendarme — mais pas celui de Saint-Tropez ! L’unité d’élite du GIGN me fascinait.
De l’enfance à l’adolescence, je dévorais les livres sur le sujet, regardais tous les reportages et correspondais même avec leur service de relations publiques. Je recevais des écussons et des autocollants que j’affichais fièrement dans ma chambre.
Avec le recul, une passion un peu surprenante… mais qui en dit déjà long sur mon goût pour l’engagement !




